Reconversion & bilan de compétences

Montant du chômage en reconversion professionnelle : calculez votre ARE avant de quitter votre CDI

Maëlle Périgault-Lestang 8 min de lecture
Montant chômage reconversion professionnelle : calcul ARE avant CDI

Une démission pour reconversion professionnelle peut ouvrir droit à l’allocation chômage, sans réduction du montant liée au caractère volontaire du départ. Si votre dossier remplit les conditions, votre allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) se calcule selon les règles habituelles. Le point décisif : faire valider votre projet avant de démissionner, puis estimer votre revenu réellement disponible, pas seulement une allocation brute.

Le montant de votre ARE dépend du salaire, pas du projet de reconversion

Il n’existe pas de forfait chômage propre à la reconversion. Une formation longue, un changement de métier ou une création d’entreprise ne donnent pas, en eux-mêmes, une allocation plus élevée. Le calcul repose principalement sur votre salaire journalier de référence (SJR).

Calcul du montant brut de l’ARE

Saisissez votre salaire journalier de référence (SJR) pour obtenir une estimation du montant brut de l’allocation d’aide au retour à l’emploi.

1 = temps plein ; 0,8 = 80 %

Cette simulation fournit une estimation du montant brut et ne constitue pas une décision de France Travail. Le montant net n’est pas calculé, car les prélèvements dépendent de votre situation individuelle.

La formule à appliquer pour une première estimation

Le montant journalier brut correspond au résultat le plus favorable entre les deux calculs suivants, avec application du plancher et du plafond réglementaires :

  • 40,4 % du SJR + 13,18 € ;
  • 57 % du SJR.

L’allocation minimale est de 32,13 € par jour, sans pouvoir dépasser 75 % du SJR. Le plafond peut donc limiter le minimum pour les petits salaires. En cas de temps partiel, la partie fixe et le minimum sont ajustés par un coefficient correspondant au rapport entre les heures travaillées et l’horaire à temps plein. Ces paramètres monétaires étant revalorisables, vérifiez les valeurs applicables à votre ouverture de droits.

Un exemple concret pour passer du journalier au mensuel

Avec un SJR de 80 €, la première formule donne 45,50 € après arrondi : (80 × 40,4 %) + 13,18 €. La seconde donne 45,60 € : 80 × 57 %. Le montant retenu est donc 45,60 € bruts par jour, inférieur au plafond de 60 €.

Sur une base de 30 jours indemnisables par mois, cela représente 1 368 € bruts mensuels. Cette mensualisation s’applique quel que soit le nombre de jours du mois. Un début d’indemnisation en cours de mois, une activité rémunérée ou une interruption peuvent toutefois modifier le versement.

Ne confondez pas brut et net : des prélèvements sociaux peuvent s’appliquer selon votre situation. L’ARE est également imposable et peut subir un prélèvement à la source. Votre budget doit donc partir du montant net estimé.

Une simulation fiable commence par le bon salaire de référence

Diviser votre dernier salaire net par 30 ne permet pas de retrouver votre SJR. France Travail utilise les rémunérations brutes retenues et le nombre de jours correspondant à la période réglementaire de référence, avec des règles particulières pour certaines interruptions et périodes non travaillées.

Infographie sur le montant chômage reconversion professionnelle et le calcul de l’ARE
Infographie sur le montant chômage reconversion professionnelle et le calcul de l’ARE

La période examinée est généralement de 24 mois, ou 36 mois à partir de 55 ans, selon les règles applicables à la fin du contrat. Les indemnités de rupture ne sont pas assimilées à un salaire pour augmenter artificiellement l’allocation.

  1. Rassemblez vos bulletins de salaire, primes et dates de contrats sur la période concernée.
  2. Signalez les périodes de temps partiel, les interruptions et les changements d’employeur.
  3. Effectuez une estimation avec le simulateur de France Travail en renseignant votre situation réelle.
  4. Relevez séparément le montant journalier brut, le net estimé, la durée et la date prévisible du premier paiement.

Une simulation n’est pas une décision d’attribution. France Travail arrête les droits après examen du dossier et des attestations employeur. Si votre parcours comporte plusieurs contrats ou des périodes sans rémunération, évitez une projection fondée uniquement sur votre salaire actuel.

Considérez votre épargne de transition comme une graine : si vous la consommez entièrement pour les dépenses courantes, elle ne pourra plus financer le démarrage du nouveau métier. Séparez votre réserve en deux enveloppes, l’une pour vivre, l’autre pour les frais d’installation, le matériel ou les déplacements. Vous verrez ainsi si votre allocation couvre réellement la reconversion, sans sacrifier le capital nécessaire à sa réussite.

Avant tout calcul, vérifiez que votre démission ouvre des droits

Le dispositif de démission-reconversion constitue une exception à l’absence habituelle d’indemnisation après un départ volontaire. Trois conditions structurantes doivent être réunies :

Trouvez le simulateur adapté à vos allocations et aides, France Travail vous oriente vers le simulateur officiel correspondant à votre profil pour estimer vos droits et identifier les aides pertinentes.

  • Être salarié en CDI de droit privé relevant du dispositif.
  • Justifier de 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant la fin du contrat, soit une condition d’activité de cinq ans.
  • Présenter un projet réel et sérieux, validé avant la démission par Transitions Pro.

Plusieurs employeurs peuvent entrer dans le décompte, mais les interruptions doivent être examinées. Les jours sont comptabilisés dans la limite de cinq par semaine civile : cinq années écoulées ne suffisent donc pas nécessairement à prouver votre éligibilité.

Les agents publics et les CDD ne relèvent pas de cette voie. Certains salariés d’employeurs en auto-assurance chômage sont également exclus. En cas de parcours mixte public-privé ou de statut particulier, faites vérifier votre situation avant de remettre votre démission.

Point comparéARE après perte involontaire d’emploiDémission-reconversion
Accès aux droitsConditions générales d’assurance chômageConditions spécifiques, dont les 1 300 jours
MontantCalcul selon le SJRMême méthode de calcul
Projet préalablePas de validation Transitions Pro exigéeValidation obligatoire avant le départ
DuréeSelon l’âge et l’activité antérieureMêmes règles générales

Durée et premier versement : deux paramètres à intégrer au budget

Le montant mensuel ne dit pas combien de temps vous pourrez financer votre transition. La durée dépend notamment de l’âge à la fin du contrat et de l’activité retenue. Un coefficient de 0,75 s’applique à la durée théorique dans les situations concernées par cette réduction.

Âge à la fin du contratDurée maximale initialeMaximum avec compléments éventuels
Moins de 55 ans548 jours730 jours
55 ou 56 ans685 jours913 jours
57 ans et plus822 jours1 095 jours

Ces durées sont des plafonds, non une garantie individuelle. Les compléments dépendent de conditions particulières : ne les intégrez pas comme acquis dans votre budget de départ. Pour certaines rémunérations élevées, une dégressivité de l’allocation peut aussi intervenir selon l’âge et les règles applicables.

Enfin, l’indemnisation ne commence pas nécessairement dès le lendemain du contrat. Un délai d’attente et d’éventuels différés, notamment liés aux congés payés indemnisés, peuvent repousser le premier jour payable. Prévoyez une trésorerie couvrant cet intervalle, puis le calendrier du versement effectif.

Sécurisez le parcours dans le bon ordre, puis conservez vos preuves

Ne démissionnez pas avant la validation de votre projet. Une idée crédible ne remplace pas la procédure. Le conseil en évolution professionnelle (CEP), gratuit, doit être sollicité avant votre départ et permet de construire le dossier.

  1. Engagez le CEP : précisez le métier visé, les compétences à acquérir et les perspectives d’emploi ou d’activité.
  2. Déposez le dossier auprès de Transitions Pro : documentez la formation, son financement ou la viabilité de la création ou reprise d’entreprise. Prévoyez environ deux mois d’instruction, à confirmer localement.
  3. Attendez la décision favorable : organisez ensuite la démission et le préavis.
  4. Inscrivez-vous à France Travail dans les six mois suivant la validation : le préavis doit tenir dans ce calendrier.

La validation du caractère réel et sérieux ne vaut ni attribution automatique de l’ARE ni financement automatique de la formation. Faites confirmer séparément ces deux points.

France Travail contrôle les démarches de réalisation du projet dans les six mois suivant l’ouverture des droits. Conservez inscriptions, échanges avec les organismes, devis et justificatifs de prospection. Une absence de démarches sans motif légitime peut entraîner une radiation de quatre mois et une suppression de l’allocation pendant quatre mois.

Un projet qui rencontre des difficultés n’est pas équivalent à un projet abandonné sans démarche. Si une formation est annulée ou si le lancement devient impossible, prévenez rapidement votre conseiller et documentez les solutions recherchées. Avant de quitter votre CDI, sécurisez donc trois éléments : votre éligibilité, votre estimation d’ARE et votre trésorerie de transition.

Maëlle Périgault-Lestang

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